Un moment fort en émotions, rythmé par des déclarations percutantes, des annonces culturelles et sportives ambitieuses, et une vision affirmée : faire de la culture un levier de paix et de développement dans les régions du nord de la Côte d’Ivoire.
"Culture et Paix : bâtissons un avenir commun" c’est autour de ce thème fédérateur que s’articule cette édition 2025 qui se déroulera du 09 au 17 août prochain à Tafiré (nord) , en écho à l’année électorale qui s’annonce. Dans une allocution empreinte d’humanisme et de lucidité, le commissaire général Ouolo Coulibaly a souligné l’importance d’un tel rendez-vous.
« Le Wobélé Festival est pour nous l’instrument qui fédère vraiment toutes les communautés, qu’elles soient autochtones ou d’ailleurs. Il est temps de bâtir, à travers la culture, un avenir commun dans la paix, la responsabilité et la fraternité. », a-t-il expliqué.
Il a également insisté sur l’authenticité des troupes artistiques, mettant en avant la place du théâtre, du balafon, des danses traditionnelles, et du langage tagbana comme fondement de l’expression populaire.
Parmi les temps forts annoncés, une soirée spéciale sera dédiée au balafon avec, en vedette, le virtuose Neba Solo.
« On voulait un concert profondément traditionnel. Le balafon, c’est l’âme de notre culture. Et Neba Solo, c’est un symbole vivant de cette musicalité africaine », a affirmé Ouolo Coulibaly sous une salve d’applaudissements.
Grande nouveauté cette année, le théâtre fait son entrée au festival. Des troupes intergénérationnelles seront mobilisées pour restituer des récits issus du terroir tagbana et tchébingué.
« Il est essentiel que nos histoires soient racontées par nos enfants, dans nos langues, avec notre sensibilité », a martelé le commissaire général.
Les traditions à l’honneur : 40 groupes pour un défi culturel
Plus de 40 groupes de danses traditionnelles sont attendus pour conquérir l’espace du festival. Parmi les danses en compétition : le Sita, le Nangbogo et le Sitchala.
Chaque édition honore une danse d’un peuple frère : après le Boloyé et le Kroubi, le N’Goron de Boundiali sera célébré cette année. Une exhibition inédite du Tchepor et du Tchara, danses initiatiques rarement exécutées, marquera également les esprits.
« Ce que nous voulons offrir, c’est une immersion totale dans les racines profondes de nos cultures. Ce festival est notre identité, notre mémoire, notre fierté », a rappelé Mme Coulibaly Mawa, présidente du Comité scientifique, dans une envolée poétique saluée par l’assemblée.
Culture, numérique et environnement : l'extension des ambitions
Le Wobélé Festival ne se limite pas à la danse et à la musique. Il est aussi une plateforme d’initiatives sociétales.
Avec le soutien du projet Bridge for Inclusive Africa, une "Case Numérique" sera mise en place pour initier les femmes et les jeunes à l’e-commerce, à l’alphabétisation digitale et au renforcement scolaire.
Face aux enjeux climatiques, une campagne de sensibilisation contre les pesticides et de formation à l’agriculture durable est aussi prévue.
« Il faut repenser nos modes de production. Le maïs qu’on cultivait en masse n’est plus adapté. Nous devons changer de cap », a alerté le commissaire général.
Espoirs sportifs et souvenirs d’enfance
Le sport sera au rendez-vous avec un marathon populaire, un rallye, du motocross, et surtout un stage de basketball pour les enfants de 12 à 16 ans, en partenariat avec la Fédération ivoirienne de basketball.
« Il s’agit de détecter les talents, mais surtout de transmettre les valeurs du sport : rigueur, respect, dépassement de soi », a expliqué le Comité d’organisation.
L’espace Wobélé Piléh sera quant à lui un véritable laboratoire de créativité pour les plus petits, entre jeux, contes, chasses aux trésors, et ateliers sensoriels.
Une monographie pour dire "Nous voici !"
Clou symbolique de cette édition, une monographie inédite sur l’histoire des peuples Tafihé et Tchébingué sera dévoilée, fruit d’un patient travail de mémoire.
« Nous avons une histoire, des racines, un patrimoine. Il est temps de le documenter, de le transmettre et d’en être fiers », a insisté Mme Coulibaly Mawa épouse Bahi, très émue, concluant, dans un souffle solennel qu’« un peuple sans mémoire n’est plus un peuple, mais un troupeau. »
BC/Top News Africa
Publié le dimanche 13 juillet 2025