Le PDCI est miné depuis quelques jours par une crise avec Valérie Yapo, membre du Bureau politique qui a saisi la justice pour obtenir la mise sous tutelle du parti et contester la gouvernance de son président, Tidjane Thiam.
Lors de l’audience du vendredi 28 mars 2025, la plaignante a formulé plusieurs demandes majeures : la suspension immédiate de tous les organes mis en place par Tidjane Thiam, l’arrêt de ses activités politiques au sein du PDCI et la nomination d’un administrateur provisoire pour assurer la gestion du parti. Une prochaine audience a été fixée au mercredi 2 avril 2025 pour examiner ces requêtes.
À l’origine de cette procédure judiciaire, Valérie Yapo remet en cause la légitimité de l’élection de Tidjane Thiam à la présidence du PDCI en décembre 2023. Proche de Jean-Louis Billon, elle avait déjà dénoncé des irrégularités dans le processus électoral et soulevé des doutes quant à la conformité de sa candidature au regard du Code de la nationalité ivoirienne.
Malgré son assignation en justice, le PDCI a levé, le 25 mars 2025, la sanction disciplinaire qui la frappait depuis octobre 2024. Dans un communiqué signé par Tidjane Thiam, le parti a annoncé l’annulation de sa suspension "dans un souci d’unité et de cohésion".
Dans une déclaration publiée ce mardi et consultée par l'agence de presse Top News Africa, le groupe parlementaire du PDCI à l’Assemblée nationale affirme que cette action judiciaire s’inscrit dans une stratégie de "sabotage et de désorganisation" du parti.
Il rappelle que des tentatives similaires avaient déjà eu lieu en décembre 2023, lorsque deux militants avaient cherché à bloquer la tenue du 8e congrès extraordinaire, avant d’abandonner leur plainte au profit du dialogue.
Le parti voit dans cette nouvelle procédure une tentative d’entraver la montée de son président, Tidjane Thiam, vers "la magistrature suprême".
Élu avec 96,48 % des voix lors du congrès de décembre 2023, l’ancien ministre du Plan et du développement avait alors reçu un mandat fort, selon la déclaration, pour conduire le PDCI dans la préparation des prochaines échéances électorales.
Le groupe parlementaire du parti appelle la communauté nationale et internationale à observer cette situation, dénonçant des "méthodes dilatoires" du régime en place et une instrumentalisation politique de la justice.
Il exhorte par ailleurs les institutions judiciaires à faire preuve de responsabilité afin de préserver la paix sociale et la réconciliation nationale.
"Le monde entier nous regarde", avertit le groupe parlementaire PDCI, appelant à éviter toute entrave au processus démocratique en Côte d’Ivoire.
MD/Top News Africa
Publié le mardi 1 avril 2025