Société

Côte d'Ivoire-Société-Economie

Côte d'Ivoire : les paris sportifs devenus l'opium des jeunes femmes

Côte d'Ivoire : les paris sportifs devenus l'opium des jeunes femmes Les paris sportifs devenus l'opium des jeunes femmes en Côte d'Ivoire.
Abidjan, Côte d’Ivoire (Top News Africa) Depuis le vendredi 16 août 2024, les championnats européens de football ont repris leur droit pour le plus grand bonheur des jeunes africains, adeptes de paris sportifs avec une présence de plus en plus massives de jeunes femmes parmi les parieurs.
Selon Bloomberg, les jeunes africains ont dépensé au cours de l’année 2023, plus de 1516 milliards de F CFA dans les paris sportifs.  

Parmi eux, on y trouve des jeunes femmes dont l’âge varie entre 18 et 30 ans. Entre gains et pertes, retour sur le quotidien de ces ‘’mousso (femme en langue malinké) du jeu hasard ‘’ 

Cocody Angré, vendredi 23 août 2024, il est 10h. Dans un salon de coiffure aux murs peints en orange blanc, l’atmosphère est calme et détendue à l’absence de clients. Cela permet à l’apprentie tresseuse de se saisir de son téléphone portable pour faire ce qu’elle aime le plus : “parier“ avant le début du match. 

Rebecca Kouilou est une vraie “mousso de 1 X BET“. Ce terme est utilisé par ses collègues de travail pour signifier que tout comme les hommes, Rebecca est abonnée aux paris sportifs. 

A 19 ans, apprenant la coiffure depuis cinq mois, elle dépense une bonne partie de sa paie durement perçue dans les paris sportifs. 

« C’est comme une drogue, des fois je perds toute ma mise, mais je suis dedans. Je ne peux pas laisser'',dit-elle.

Vêtue de son tee-shirt de travail et d’un pantalon noir, on peut voir la totale concentration dont elle fait preuve quand son “outil de travail “ est entre ses mains. 

« Je dois me concentrer, parce que je dois vérifier laquelle des équipes a plus de “côte“ et aussi faire un tour sur les réseaux pour avoir l’avis des autres sur l’équipe susceptible de remporter le match avant de parier », relate l'apprentie tresseuse.

Comme beaucoup d’autres jeunes filles, c’est le gain facile qui a poussé Rebecca au pari sportif. Ayant besoin de plus d’argent que ce qu’elle gagne en étant coiffeuse, elle a voulu s’essayer au pari et grande fut sa surprise lorsqu’elle a remporté le triple de sa mise à son premier pari. Mais depuis quelques temps, un sentiment de regret l’anime.

Rebecca Kouilou a remporté lors de son premier pari sportif, la somme de cinquante mille francs. Gagner autant en un seul jour était une bénédiction pour elle, a-t-elle confié. Mais, au fur et à mesure que les paris s’enchainent, “la parieuse” se rend compte qu’elle devient de plus en plus perdante et dépendante de cette loterie.

Elle n’a plus d’économies, elle emprunte très souvent de l’argent à ses collègues qu’elle n’arrive pas à rembourser. Cela entache son éducation dont elle se vantait auprès de ses amies.            

« J’ai été bien éduquée, mais de 1 X BET, je ne peux m’en passer. J’ai un peu honte quand je demande de l’argent à mes camarades pour parier. Malgré mon faible salaire, je ne me lasse pas de l’investir pour générer gros. Il y a eu des moments où je volais les monnaies des clientes pour parier. Ce n’est pas bien je sais, mais dès que je gagne le jackpot j’arrêterai », explique-t-elle, l’air triste.

D’autres “parieuses” se sont aussi exprimées sur le sujet comme Grâce Konan qui trouve que le pari sportif est devenu un effet de mode. 

« J’étais une grande parieuse. Tout mon argent y passait. En plus, je n’arrivais plus à me concentrer en classe. J’étais constamment sur mon téléphone, pour vérifier si le match se passait bien ainsi que la position de mon équipe. Mes notes commençaient à chuter alors même que je n’accordais pas d’importance aux paris. Mais comme mes copines jouaient, j’ai aussi voulu essayer pour faire comme elles », confesse Grâce Konan.

A la différence de Rebecca et de Grâce, Bintou Ouédraogo, étudiante en marketing dans une université de la place, sait faire la part des choses. Elle ne fait pas du pari son activité mais son plaisir ''passager'' comme elle le dit. Car selon elle, l’abus à ce jeu a des fins dramatiques. 

Parier devient de plus en plus un business qui semble rentable pour les jeunes dames de cette génération, malgré les défaites qu’elles rencontrent. Cependant, elles sont conscientes de l’impact d’addiction auquel elles s’exposent en faisant de ce jeu une activité. 

AE/Top News Africa

Publié le samedi 24 août 2024

Top Dossiers

Fil des news

mardi 18 août 2026 Sénégal : le gouvernement saisit le Conseil constitutionnel sur les crédits spéciaux
mardi 18 août 2026 Nomination de plusieurs magistrats en Côte d’Ivoire
mardi 18 août 2026 Sénégal : Patrick Vieira succède à Pape Thiaw sur le banc des Lions
mardi 18 août 2026 Côte d’Ivoire : décès d’un sergent-chef des douanes : le parquet poursuit les investigations
mardi 18 août 2026 PNE CIE 2026 : de Daloa à San Pedro, la CIE célèbre le mérite avant la grande finale nationale
lundi 17 août 2026 Mali : Ras Bath et « Rose, la vie chère » condamnés à 10 ans de prison
lundi 17 août 2026 SADC : migrations et crises régionales au menu du sommet de Durban
lundi 17 août 2026 La filière hévéa ambitionne de collecter 64 500 tonnes de graines en 2026
lundi 17 août 2026 Moyen-Orient : Trump menace Oman de frappes en cas d’entrave aux discussions sur Ormuz
dimanche 16 août 2026 CAN féminine 2026 : le Cameroun bat en finale le Malawi (3-0) et remporte le trophée
samedi 15 août 2026 Sénégal : augmentation du prix du supercarburant et du gasoil
vendredi 14 août 2026 Niger : le missionnaire américain Kevin Rideout libéré après plus de neuf mois de captivité
vendredi 14 août 2026 Côte d’Ivoire : Don Mello nomme les responsables du Congrès des pionniers de son nouveau parti
vendredi 14 août 2026 Tchad : Mahamat Idriss Déby gracie Succès Masra et huit autres opposants
vendredi 14 août 2026 Au Mali, le Maroc a contribué à la libération du Français Yann Vézilier