Dans une déclaration rendue publique à Abidjan, le président du parti, Charles Blé Goudé, estime que les réponses actuellement apportées par les autorités, notamment à travers les forces de Défense et de sécurité, restent essentiellement conjoncturelles et ne permettent pas de s’attaquer durablement aux racines du phénomène.
Pour le COJEP, la mise en place d’un département ministériel spécialisé permettrait de construire et de piloter une véritable politique nationale de lutte contre l’exploitation aurifère illégale. Les ministères de la Défense et de la Sécurité conserveraient, dans ce schéma, leur rôle opérationnel en mettant à disposition les moyens humains et matériels nécessaires.
Le parti fonde notamment sa proposition sur la persistance des activités clandestines malgré les opérations menées sur le terrain. Des sites sont régulièrement déguerpis ou détruits et des personnes interpellées, sans que ces actions ne permettent, selon le COJEP, de mettre durablement fin au phénomène.
Dès lors, la formation politique estime qu’il faut dépasser la seule traque des personnes présentes sur les sites et s’intéresser aux réseaux qui organisent et financent ces activités. Elle appelle ainsi les autorités à considérer l’orpaillage clandestin comme un « système de prédation organisé contre le patrimoine national ».
Dans cette logique, le COJEP demande l’ouverture d’enquêtes financières et judiciaires destinées à identifier les commanditaires et les bailleurs de ces réseaux. Le parti propose également le gel de leurs avoirs, avec l’objectif de mobiliser ces ressources pour contribuer à la restauration des sites dégradés et au financement des opérations de lutte.
Sur le terrain, le COJEP recommande par ailleurs un renforcement de la surveillance des zones considérées comme sensibles. Il préconise notamment le recours aux drones et aux systèmes d’alerte, ainsi qu’une interdiction stricte des activités minières dans les zones de captage d’eau, les cours d’eau, les forêts classées, les parcs et les espaces agricoles jugés stratégiques.
Enfin, le parti de Charles Blé Goudé plaide pour une réponse dépassant les frontières ivoiriennes. Il souhaite ainsi une coopération renforcée entre les pays de la sous-région afin de mieux démanteler les réseaux impliqués dans l’exploitation aurifère clandestine et leur circulation transfrontalière.
Le COJEP appelle donc à passer d’une logique principalement répressive et ponctuelle à une stratégie nationale, coordonnée et durable, visant à agir à la fois sur les sites d’exploitation, les réseaux organisateurs et leurs sources de financement.
BC/Top News Africa
Publié le jeudi 20 août 2026
Le COJEP, le parti de Charles Blé Goudé a appelé ce jeudi 20 août 2026, l’État à s’attaquer aux réseaux de financement de l'orpaillage clandestin en Côte d'Ivoire.