Réunies durant deux jours à Abidjan, vingt-quatre délégations africaines ont acté une nouvelle orientation politique plaçant désormais la protection des données personnelles au cœur des enjeux de souveraineté, de sécurité juridique, de compétitivité économique et de confiance numérique sur le continent.
Dans cette déclaration, les participants estiment que la protection des données « n’est plus un sujet périphérique de conformité administrative », mais « une question centrale de souveraineté» engageant directement les États africains dans l’organisation de leurs administrations, la modernisation des services publics numériques et l’attractivité économique.
Le texte dresse également un diagnostic critique de la situation actuelle sur le continent. Les autorités africaines relèvent notamment l’insuffisance des moyens institutionnels, le manque d’indépendance de certaines autorités de régulation, ainsi que l’écart persistant entre les ambitions affichées et les capacités réelles de mise en œuvre.
La Déclaration met aussi en garde contre les nouveaux défis liés à l’intelligence artificielle, à la biométrie, à la finance numérique et aux plateformes mondiales, estimant que les cadres juridiques actuels demeurent encore incomplets face à ces mutations technologiques rapides.
Les signataires appellent en outre les administrations publiques, les entreprises et les opérateurs numériques africains à abandonner « la conformité de façade » au profit d’une « conformité de preuve », fondée sur des mécanismes documentés, des registres de traitement, des évaluations de risques et une gouvernance effective des données personnelles.
Le RAPDP insiste également sur la nécessité d’une harmonisation des législations africaines afin de renforcer la position du continent dans les débats mondiaux sur la gouvernance numérique, l’intelligence artificielle et les transferts transfrontaliers de données.
Pour la première fois, la prochaine conférence du réseau aura pour mission explicite d’évaluer la traduction concrète des engagements pris à Abidjan, à travers un mécanisme de suivi et de redevabilité inédit au sein de l’organisation.
La Déclaration finale d’Abidjan consacre un changement de paradigme dans l’approche africaine de la gouvernance des données personnelles.
Elle impose désormais une lecture où la protection des données s’inscrit directement dans l’exercice de l’autorité publique et dans la crédibilité des systèmes numériques des États.
Elle engage également les pays membres du RAPDP à dépasser les engagements déclaratifs pour instaurer des dispositifs effectifs de mise en œuvre et de contrôle.
Enfin, elle ouvre la voie à une harmonisation progressive des pratiques réglementaires afin de renforcer la cohérence du continent dans les discussions internationales sur le numérique et les technologies émergentes.
BC/Top News Africa
Publié le mardi 19 mai 2026
L’Afrique a adopté à Abidjan une feuille de route continentale jusqu’en 2030 pour la protection des données personnelles, ce mardi 19 mai 2026.