L’annonce a été faite par le ministre de l'Agriculture, du développement rural et des productions vivrières, Bruno Nabagné Koné, lors d’une rencontre avec les acteurs de la filière à Yamoussoukro, dans un contexte international marqué par la volatilité des cours et la hausse des coûts d’exportation.
Cette décision vise à préserver le revenu des producteurs tout en tenant compte des contraintes du marché mondial.
Face aux opérateurs de la filière, le ministre a expliqué que ce prix a été arrêté dans un environnement économique particulièrement contraignant. Les tensions sur les marchés internationaux, l’instabilité des cours de l’anacarde et la pression sur la logistique d’exportation ont pesé dans les arbitrages.
Il a ainsi qualifié ce tarif de « prix prudent et protecteur des intérêts des producteurs», traduisant la volonté des autorités de concilier protection des paysans et viabilité économique de la filière.
Dans son argumentaire, Bruno Nabagné Koné a insisté sur l’impact déterminant du taux de change du dollar, monnaie de référence des transactions internationales de la noix de cajou.
«Le dollar est passé à 565 FCFA, ce qui impacte directement la compétitivité de nos exportations et la structuration des prix à l’achat », a-t-il précisé, soulignant le poids des facteurs macroéconomiques dans la fixation du prix bord champ.
La Côte d’Ivoire, premier producteur mondial d’anacarde, reste fortement dépendante des marchés asiatiques pour la transformation de sa production. Dès lors, l’État a dû rechercher un équilibre délicat entre la garantie d’un revenu décent aux producteurs et la nécessité de maintenir l’attractivité du secteur pour les acheteurs et industriels.
Dans cette dynamique, le ministre a appelé les acteurs à davantage de discipline commerciale et de solidarité. Il a mis en garde contre les pratiques spéculatives et les achats en dessous du prix officiel, rappelant que le respect du prix bord champ constitue une obligation réglementaire.
Au-delà de la question tarifaire, le gouvernement entend accélérer la transformation locale de l’anacarde. Selon Bruno Koné, cet axe stratégique doit permettre de créer plus de valeur ajoutée, d’accroître les emplois et de renforcer la résilience de la filière face aux fluctuations des marchés internationaux.
Pour les producteurs, cette annonce marque le lancement officiel d’une campagne 2026 décisive, dans un environnement exigeant où se jouent à la fois la stabilité des revenus ruraux et l’avenir de l’une des principales cultures d’exportation du pays.
BC/Top News Africa
Publié le vendredi 6 février 2026
Le prix bord champ de l’anacarde fixé à 400 FCFA/kg en Côte d’Ivoire, ce vendredi 6 février 2026.