Entendu le 24 juin 2026, Ibrahim Cissé Bacongo a déclaré que les démolitions avaient été réalisées « dans le cadre du plan ORSEC (Organisation de la réponse de sécurité civile) pour libérer les emprises et démolir les installations irrégulières », a expliqué, le procureur de la République près Le Tribunal de première instance d’Abidjan Plateau, Koné Braman Oumar dans une conférence de presse, ce mercredi 16 septembre 2026 à Abidjan.
Le parquet cherche toutefois à déterminer si le plan ORSEC s’appliquait effectivement à cette opération et à préciser le degré d’implication des différents responsables entendus dans le dossier.
Entendu à son tour, le maire de Koumassi a expliqué devant les enquêteurs les circonstances dans lesquelles il avait publié un communiqué dégageant la responsabilité de la mairie.
Il a déclaré s’être fondé sur les informations transmises par son secrétaire général, selon lesquelles les démolitions avaient été réalisées par un opérateur qui se prévalait d’une décision de justice.
« Je n’ai pas attendu les conclusions de mes services techniques », a-t-il reconnu, selon les éléments présentés par le parquet.
Les services techniques de la mairie avaient pourtant établi que le site était « une parcelle viabilisée » et que les démolitions ne résultaient pas de l’exécution d’une décision de justice.
Alloui Brou Jacques, qui avait revendiqué publiquement les démolitions, avait pour sa part invoqué une décision du tribunal pour justifier son intervention.
Les vérifications effectuées par le parquet ont cependant établi que cette décision autorisait uniquement « le déguerpissement de cinq habitations », sans ordonner leur démolition.
Un député a été également cité pour son rôle dans l’organisation et le financement de cette opération de démolition à Koumassi-Campement, dans le sud d’Abidjan.
Les enquêteurs cherchent ainsi à reconstituer les différentes étapes de l’opération et à déterminer comment une décision portant sur un déguerpissement a pu être utilisée pour procéder à la destruction de constructions.
Les investigations foncières ont établi que la zone concernée couvre 6 hectares, 88 ares et 38 centiares, soit 250 lots répartis sur sept îlots.
Le Cadastre a recensé 28 parcelles disposant d’un Arrêté de Concession Définitive (ACD), quatre avec un Certificat de Mutation de Propriété Foncière, huit avec un titre foncier au nom de l’Etat et cinq dossiers de morcellement en cours de traitement. Au total, 205 parcelles ne disposent d’aucun titre foncier.
Le site reste placé sous-main de justice et les auditions se poursuivent afin de déterminer les responsabilités éventuelles et de préciser les circonstances exactes des démolitions.
BC/Top News Africa
Publié le mercredi 16 septembre 2026
Le procureur de la République près Le Tribunal de première instance d’Abidjan Plateau, Koné Braman Oumar a animé une conférence de presse, ce mercredi 16 septembre 2026 à Abidjan, pour donner les premiers éléments de l'enquête sur le déguerpissement de Koumassi-Campement.