Durant trois jours, responsables politiques, diplomates, experts et représentants d’institutions ont échangé autour du thème « Les peuples frontaliers : culture, intégration et sécurité », avec pour objectif de promouvoir une gestion des frontières davantage adaptée aux besoins des communautés locales, dans un contexte marqué par les menaces sécuritaires persistantes.
Représentant le Premier ministre, Robert Beugré Mambé, à la clôture, la ministre d’État, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Nialé Kaba, a salué la mobilisation des délégations et des partenaires, tout en appelant à traduire les recommandations du forum en actions concrètes.
Elle a notamment plaidé pour la mise en œuvre effective de la Déclaration d’Abidjan sur les peuples frontaliers, destinée à améliorer les conditions de vie des communautés, à prévenir les conflits et à favoriser une gestion concertée des ressources naturelles.
Les travaux ont mis en avant trois leviers complémentaires : la culture, facteur de rapprochement entre les peuples, l’intégration, porteuse d’opportunités économiques, et la sécurité, indispensable à la stabilité des territoires.
Renforcer la coopération face aux menaces sécuritaires
Représentant le président de la Commission de l’Union africaine (UA), l’ambassadeur Dr Mohammed Ibn Chambas a souligné que le respect de l’inviolabilité des frontières et la promotion de l’intégration africaine sont deux objectifs complémentaires.
Rappelant le lien entre paix et développement, il a appelé les pays voisins à intensifier leur coopération face au terrorisme, à l’extrémisme violent et à la criminalité transnationale, notamment par le partage d’informations et des mécanismes de prévention plus efficaces.
Il a également exhorté les États membres de l’UA à ratifier la Convention de Niamey sur la coopération transfrontalière, afin de renforcer les instruments juridiques et institutionnels favorisant la coordination entre pays africains. L’enjeu est de concilier la sécurisation des frontières avec la libre circulation des personnes et des biens, tout en soutenant le développement des territoires concernés.
La confiance des populations au cœur de la sécurité
L’ambassadeur d’Allemagne en Côte d’Ivoire, Matthias Veltin, a insisté sur le rôle déterminant des communautés dans la sécurisation des frontières. Selon lui, les dispositifs de contrôle ne peuvent produire des résultats durables sans l’adhésion des populations, la confiance entre habitants et autorités constituant un facteur essentiel de stabilité.
« Seulement si on réussit à gagner les cœurs de la population frontalière et transfrontalière, on peut gagner la sécurité à la frontière », a-t-il déclaré.
Le diplomate a défendu une approche conciliant sécurité, mobilité des populations et développement local. Il a également réaffirmé la volonté de l’Allemagne de poursuivre son accompagnement auprès de l’UA et des États partenaires dans l’amélioration de la gouvernance des frontières.
Des recommandations axées sur les communautés
Le commissaire général de l’ABF, Dr Diakalidia Konaté, s’est félicité de la qualité des contributions et de la diversité des participants. Il a rappelé la nécessité de placer les populations frontalières au centre des stratégies de gestion des frontières africaines, en les reconnaissant comme des actrices à part entière de l’intégration continentale.
« Il est indispensable de mettre les populations vivant aux frontières au centre des préoccupations des décideurs », a-t-il insisté.
Le président du comité scientifique, le professeur Ousmane Zina, a présenté la synthèse des travaux, structurée autour de la culture, de l’intégration et de la sécurité.
Les recommandations portent notamment sur la ratification de la Convention de Niamey, le développement des infrastructures transfrontalières, le soutien aux activités économiques locales et une participation accrue des populations aux décisions concernant leurs territoires.
L’ambition est de faire des zones frontalières des espaces dynamiques, propices aux échanges commerciaux, au rapprochement socioculturel et à la prévention des conflits.
Au terme de cette troisième édition, le défi reste la concrétisation des engagements pris. L’amélioration de l’accès aux infrastructures, aux services sociaux et aux opportunités économiques apparaît essentielle pour renforcer la confiance des communautés et consolider durablement la stabilité des territoires frontaliers.
L’ABF 2026 a ainsi rappelé que l’intégration africaine se construit aussi au quotidien, dans les territoires où se rencontrent les peuples, les cultures et les économies.
Top News Africa
Publié le samedi 24 octobre 2026
Les États africains appelés à faire des frontières des espaces de paix et de prospérité à l'issue des travaux de la 3e édition d'Abidjan Border Forum ce jeudi 22 octobre 2026.