Limogé de la Primature le 22 mai, il succède à Malick Ndiaye, démissionnaire deux jours plus tôt, et devient ainsi la deuxième personnalité de l’État sénégalais.
L’élection de M. Sonko intervient dans un contexte de profonde recomposition au sommet de l’exécutif sénégalais, au lendemain de la nomination d’Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô au poste de Premier ministre par le président Bassirou Diomaye Faye.
Dans un hémicycle largement dominé par les députés du parti au pouvoir, les Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité (Pastef), l’ancien chef du gouvernement a été immédiatement investi sous les applaudissements nourris de ses partisans, dont plusieurs étaient vêtus de blanc pour l’occasion.
Prenant longuement la parole après son élection, Ousmane Sonko a salué la nomination du nouveau chef du gouvernement, qu’il a présenté comme « un homme de confiance et travailleur». Il a toutefois regretté que son parti n’ait pas été associé au choix du nouveau Premier ministre ni aux consultations relatives à la formation du prochain gouvernement.
Malgré ce qu’il a qualifié de « faux départ », le nouveau président de l’Assemblée nationale a assuré que le Pastef restait ouvert « à une discussion responsable » avec le chef de l’État afin de garantir une gouvernance apaisée jusqu’à la fin du mandat présidentiel.
« Pastef, qui est la formation politique à la fois majoritaire dans l’opposition et au pouvoir, reste ouvert à une discussion responsable qui met de côté les égos pour trouver les voies et moyens d’une gouvernance apaisée », a déclaré Ousmane Sonko devant les députés.
L’ancien Premier ministre a également plaidé pour une redéfinition des rapports institutionnels au sommet de l’État, estimant que « le Sénégal ne peut pas être dans un système d’hyperprésidentialisme ».
Ces déclarations, perçues comme un message d’apaisement mêlé à quelques critiques voilées à l’endroit du président Bassirou Diomaye Faye, illustrent les tensions persistantes entre les différentes composantes du pouvoir, malgré leur appartenance commune au Pastef.
L’élection de M. Sonko reste toutefois contestée sur le plan juridique. Trente-deux députés de l’opposition ont quitté bruyamment l’hémicycle au moment du vote, dénonçant l’irrégularité de sa réintégration à l’Assemblée nationale.
Selon l’opposition, Ousmane Sonko aurait perdu son mandat parlementaire en devenant Premier ministre après les législatives de novembre 2024, ce qui rendrait illégale son élection au perchoir.
Mais pour la porte-parole du Pastef, Marie Rose Faye, la procédure respecte les règles en vigueur dès lors que le bureau de l’Assemblée nationale a validé la régularité de la réintégration de l’ancien chef du gouvernement comme député.
Cette nouvelle séquence politique ouvre une phase d’incertitude institutionnelle au Sénégal, où l’équilibre entre l’exécutif et la majorité parlementaire sera désormais scruté de près.
BC/Top News Africa
Publié le mardi 26 mai 2026
Au Sénégal, Ousmane Sonko appelle à une « gouvernance apaisée » après son élection au perchoir, ce mardi 26 mai 2026. (Ph archive).