La rencontre a réuni des représentants gouvernementaux, des experts du suivi-évaluation, des institutions statistiques ainsi que des partenaires techniques et financiers autour des enjeux liés à la production de données fiables et à leur utilisation dans la prise de décision publique.
Ouvrant les travaux, le ministre ivoirien du Plan et du Développement, Souleymane Diarrassouba, a souligné l'importance de cet outil dans un contexte où les États sont de plus en plus appelés à démontrer l'impact concret de leurs politiques publiques sur les populations.
Selon lui, la Côte d’Ivoire a fait de la culture du résultat un axe majeur de sa stratégie de développement, notamment à travers la mise en œuvre successive des Plans nationaux de développement (PND) qui ont permis au pays d'enregistrer une croissance économique soutenue au cours de la dernière décennie.
Le ministre a rappelé que le nouveau Plan national de développement 2026-2030, récemment adopté, repose sur des objectifs mesurables dont plusieurs indicateurs sont alignés sur ceux du Scorecard du Groupe de la Banque mondiale.
« Cet outil constitue un instrument de pilotage stratégique qui nous permet de mieux apprécier les résultats obtenus et d'améliorer la qualité de nos interventions », a-t-il indiqué.
Souleymane Diarrassouba a également mis en avant les performances économiques enregistrées par la Côte d’Ivoire ces dernières années, avec une croissance moyenne estimée à 6,5 % sur la période 2021-2025, une réduction progressive du déficit budgétaire ainsi qu'une amélioration de plusieurs indicateurs macroéconomiques.
Pour le ministre, ces résultats démontrent l'importance de disposer de systèmes de suivi et d'évaluation performants capables d'éclairer les choix publics et de mesurer efficacement l'impact des investissements.
Au cœur de cette dynamique figure l’ENSEA, institution hôte de la rencontre et acteur majeur de la formation statistique sur le continent africain.
Prenant la parole, le directeur général de l’ENSEA, Dr Hugues Kouadio, a rappelé que le Scorecard lancé par le Groupe de la Banque mondiale en 2024 marque une évolution importante dans la manière d'évaluer les actions de développement.
Selon lui, ce cadre commun d’évaluation vise à harmoniser les indicateurs utilisés par les différentes institutions du Groupe afin de mieux mesurer les résultats obtenus dans les pays partenaires.
« Derrière chaque indicateur se trouvent des systèmes statistiques, des méthodologies rigoureuses et des compétences humaines qu'il faut continuellement renforcer », a-t-il expliqué.
Le responsable de l’ENSEA a insisté sur la nécessité de disposer de données crédibles, accessibles et comparables pour répondre aux exigences croissantes de redevabilité et d’efficacité des politiques publiques.
Dr Hugues Kouadio a également annoncé le développement de nouvelles offres de formation destinées à renforcer les capacités africaines en matière d’évaluation des politiques publiques, notamment à travers un Master spécialisé élaboré en partenariat avec le laboratoire J-PAL.
Pour sa part, le vice-président de la Banque mondiale pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, Ousmane Diagana, a salué les efforts engagés par la Côte d’Ivoire pour intégrer davantage la culture de la performance et du suivi des résultats dans ses politiques publiques.
Il a souligné que les données constituent aujourd’hui un levier essentiel pour améliorer l’efficacité de l’action publique et orienter les investissements vers les secteurs à fort impact social et économique.
Créée en 1961, l’ENSEA forme depuis plus de six décennies des statisticiens, économistes et spécialistes du suivi-évaluation qui occupent aujourd’hui des postes stratégiques dans les administrations publiques, les instituts nationaux de statistique et les organisations internationales.
Les échanges ont également permis de présenter les mécanismes de mise en œuvre du Scorecard ainsi que les perspectives offertes par l’initiative PIUneer, qui accompagne plusieurs pays africains dans la modernisation de leurs outils de suivi des projets de développement.
À travers l’organisation de cette rencontre, l’ENSEA confirme son positionnement comme un acteur de référence dans le domaine de la statistique et de l’évaluation des politiques publiques en Afrique.
Reconnue Centre d’excellence de l’UEMOA depuis 2005, Centre d’excellence africain de la Banque mondiale depuis 2015 et Centre d’excellence à impact de l’Agence française de développement depuis 2020, l’institution poursuit sa mission de formation et d’accompagnement des États dans la production de données de qualité au service du développement.
BC/Top News Africa
Publié le mercredi 10 juin 2026
L’ENSEA d’Abidjan a accueilli un atelier de la Banque mondiale sur le Scorecard ce mardi 09 juin 2026.