Le secrétaire exécutif de la Commission nationale des frontières de Côte d’Ivoire (CNFCI), Dr Diakalidia Konaté, a présenté cette opération comme un « pont de fraternité et d’amitié » entre les deux peuples.
Représentant le Premier ministre ivoirien Robert Beugré Mambé, président de la Commission nationale des frontières de Côte d’Ivoire (CNFCI), M. Konaté a donné une portée particulière à cette opération, estimant que les nouvelles bornes ne doivent pas constituer « un mur de séparation », mais plutôt « un pont de fraternité et d’amitié » entre les deux peuples.
Cette cérémonie marque l’achèvement de la première phase du processus de réaffirmation de la frontière terrestre, engagé en août 2022 par les deux pays. Cette phase a porté sur un linéaire de 150 kilomètres, de la borne BP 55, située entre Newtown au Ghana et Aforénou en Côte d’Ivoire, jusqu’à la borne BP 45, entre Yaou et N’siakrom.
Au total, 78 bornes ont été construites au cours de cette étape, dont 10 bornes principales, quatre bornes installées aux points de passage et 64 bornes intermédiaires. Espacées d’environ un kilomètre, elles doivent permettre de rendre le tracé frontalier davantage visible et de réduire les risques d’ambiguïté pour les autorités et les populations riveraines.
Diakalidia Konaté a qualifié cette opération de « moment historique » dans les relations entre la Côte d’Ivoire et le Ghana, rappelant que la dernière mission d’abornement menée par la France et la Grande-Bretagne remontait à 1929.
Selon lui, la réaffirmation de la frontière doit contribuer à renforcer la paix, la cohésion sociale et l’intégration entre les deux pays, tout en facilitant la coopération entre les administrations et les communautés installées de part et d’autre de la ligne frontalière.
« Les bornes que nous venons de construire, loin de constituer un mur, doivent devenir un pont nous permettant de surmonter les obstacles à notre intégration », a-t-il déclaré.
Le responsable ivoirien a également mis l’accent sur le renforcement de la coopération sécuritaire et environnementale. Il a notamment évoqué la coordination des forces de défense et de sécurité ainsi que des services des eaux et forêts et des mines des deux pays dans la lutte contre l’orpaillage illégal, particulièrement dans la zone de la Tanoé.
La réaffirmation de la frontière doit également favoriser la prévention et la gestion des conflits, les échanges socioculturels et le développement des activités économiques dans cet espace transfrontalier.
Pour sa part, le général de division Anthony Ntem, commissaire général de la Commission des frontières du Ghana, a décrit la réaffirmation de la frontière comme un exercice de « consolidation de la paix et de renforcement de la confiance ».
Il a appelé les populations riveraines à protéger les bornes contre les dégradations et toute intervention non autorisée, soulignant que leur préservation constitue une responsabilité partagée entre les communautés et les autorités.
L’ambassadeur d’Allemagne en Côte d’Ivoire, Matthias Veltin, a pour sa part relevé que cette réalisation illustre l’engagement de la Côte d’Ivoire et du Ghana en faveur du dialogue, de l’intégration, de la paix et du bon voisinage.
Il a notamment salué l’appui de l’Allemagne, de la GIZ, du ministère fédéral allemand des Affaires étrangères et du Programme Frontière de l’Union africaine, ainsi que la contribution du 48e Régiment du génie des Forces armées ghanéennes et du Comité technique conjoint Ghana-Côte d’Ivoire.
Après cette première phase, la Commission technique mixte de réaffirmation de la frontière doit poursuivre ses travaux avec une deuxième étape destinée à couvrir progressivement l’ensemble de la frontière terrestre commune.
Les deux pays entendent ainsi faire de cette matérialisation de la frontière un outil de coopération et non de séparation, dans un espace où les liens familiaux, culturels, commerciaux et sociaux entre les populations existent depuis plusieurs générations
BC/Top News Africa
Publié le jeudi 24 septembre 2026
Le secrétaire exécutif de la Commission nationale des frontières de Côte d’Ivoire (CNFCI), Dr Diakalidia Konaté, a appelé à faire des bornes un « pont » vers l’intégration, ce jeudi 24 septembre 2026.